Free Web Hosting Provider - Web Hosting - E-commerce - High Speed Internet - Free Web Page
Search the Web


Page d'accueil

Sujet

Volet Historique

Ambiance des jardins andalous d'antan

Volet technique

Les rythmes

Les Instruments et l'Instrumentation

 Poesies

 Information Importante

Artistes a travers le temps

BIOGRAPHIES 1

BIOGRAPHIES 2

Artistes de Tlemcen

Nostalgies 1

Nostalgies 2

Nostalgies 3

Nostalgies 4

Nostalgies 5

Nostalgies 6

Nostalgies 7

Nostalgies 8

Hommage a un ami

Votre avis

A visiter

Contact 

BIOGRAPHIES 1

En plus des trois personnages(El Mossili-Al Kindi et Zyriab) cites dans le volet historique du sujet, il y eut, au niveau de chaque ecole musicale andalouse au Maghreb et ailleurs, des artistes qui, pour la plupart sans le vouloir reellement, ont inscrit leurs noms en lettres d'or, chacun dans son style, sur le registre de l'histoire de cette musique qui nous est si chere.
Des noms, nous sommes en possession de plusieurs, tels Berrahma, les Azzouni, Baghdadli, Hassaine, Belaghdji, Cheikh Larbi, Omar Bekhchi, Abdelkrim Dali, Redouane, Tetma, et bien d'autres encore .D'ailleurs nous allons nous attarder un peu sur les biographies , utilisant des extraits du livre de Mokhtar Hadj Slimane, de certains d'entre eux .



Cheikh Larbi 1872-1964


Certains affirment que le cheikh est ne aux environs de 1857, d'autres avancent la date de 1872. Nous ne voulons pas entrer dans la polemique, mais indiquons qu'il etait difficile, a l'epoque, d'avoir une indication si precise.
El Hadj Larbi Bensari a vu le jour dans les environs de Tlemcen . Son pere travaillait la terre ou ce qu'il en restait apres la spoliation entreprise par le pouvoir colonial francais. De bonheur et de piete il s'adonnait egalement a l'enseignement du Coran dans une petite ecole. L'enfant sera donc en contact avec les valeurs fondamentales de l'Islam, qui vont le maintenir, tout au long de sa carriere artistique future, dans une austerite morale a toute epreuve.
Vers 14 ou 15 ans, l'adolescent va tenter de trouver un emploi en ville afin de subvenir aux besoins de sa famille. C'est la que va se decider son destin. En effet, le coiffeur qui l'emploie est double d'un melomane, un kiatri qui repetera devant lui divers morceaux musicaux de la plus pure tradition tlemcenienne.
Le hasard voulut que, parmi la clientele du coiffeur se trouvent des celebrites comme Makchiche ou M'naouar. Ceux-la meme qui furent les initiateurs du cheikh.
L'enfant est fascine par les instruments qu'il manipulera un a un en commencant par les plus primitifs tel le g'nibri. Plus tard il passera au violon, au kanoun et enfin au r'bab.
L'initiation instrumentale faite, le contact avec Makchiche et Boudelfa rendu possible, il ne restait a Larbi qu'a mettre en pratique les ressources de son etonnante memoire, de son intelligence musicale et de sa volonte pour reussir a s'imposer comme l'un des meilleurs executants de la ville, s'integrant d'abord a la formation que dirige Boudelfa.
Alliant l'art a la technique, il prend, a la mort de Makchiche et de Boudelfa, la direction de la formation, aidee par Abdesslam et Ahmed Bensari, ses cousins, ainsi que Lazzouni et Omar Bekhchi.

Les debuts sont par eux-memes prometteurs puisqu'il va representer la culture algerienne a l'ouverture du siecle a l'Exposition Universelle de Paris.
Ce genre d'homme ne peut pas ne pas eprouver l'elan de l'ame missionnaire. Ses voyages au Maroc, en Tunisie, en Egypte, en Turquie, en France et ailleurs ont contribue a faire connaitre la musique tlemcenienne en particulier et algerienne de facon generale.
El Hadj Larbi Bensari se situe entre les grands maitres qui l'ont faconne tels Makchiche, M'nouar, Boudelfa, les Dib, et ses eleves que nous divisons en deux categories : l'ancienne generation tels Lazouni, Abdellah Benmansour, ses propres enfants Redouane, Mohamed et Mahmoud, et la nouvelle generation des Brixi, Benkabil et Malti, pour ne citer que ces quelques-uns uns .
Le role fondamental du cheikh a ete de preserver l'originalitede la tradition musicale. Son importance se mesure quand on se rappelle qu'il a vecu surtout pendant la periode ou le colonialisme s'acharnait contre toutes les composantes de la culture et de la personnalite algeriennes.
Pour assurer la survivance integrale de cet art, le maitre a du definir une technique pedagogique, dans l'apprentissage et l'interpretation du patrimoine, fondee sur la rigueur. Il ne permettait aucune interpretation personnelle ou fantaisiste de la musique parcequ'il etait conscient que Tlemcen, en tant qu'heritiere d'une culture, se devait de s'interdire l'innovation, pour garder l'originalite premiere de l'art andalou. En ce sens, cheikh Larbi Bensari constitue une piece maitresse dans l'analyse de la sociologie de l'art musical a Tlemcen du fait meme que sa technique pedagogique d'apprentissage (et sa rigueur d'interpretation ) etablit le rapport d'allegeance culturelle de Tlemcen vis a vis de Cordoue.
Pour conclure, nous affirmons, et personne ne pourra le nier, que cheikh Larbi a ete le grand maitre de la musique andalouse a Tlemcen et meme ailleurs. Il etait, a son epoque, la reference, le dictionnaire. Aujourd'hui, pres de quarante ans apres sa mort, il l'est toujours !



 

  Cheikh Larbi Bensari en 1900

 


 Cheikh Redouane Bensari

Quant a Redouane, de son vrai prenom Ahmed, il naquit a Tlemcen en 1914. Son pere, le grand Cheikh Larbi, dont la gloire a l'epoque suscitait l'enthousiasme et la consideration car il etait l'heritier presque sans egal de l'enseignement musical de Cheikh Boudelfa, disait avec une pointe de fierte : 'Tous mes garcons seront musiciens'.
En tant que pere, il ne pouvait afficher sa preference pour l'un ou l'autre de ses fils, mais il sentait, en tant qu'artiste, que son tout dernier, Redouane, etait plein de signes revelateurs en meme temps qu'un etre delicat. Hadj El Arbi pressentait que cet enfant etait pour la musique. Et, partant de cette idee Cheikh Larbi se disait que si Redouane possedait un talent inne, c'etait finalement a lui, homme d'art et experience, qu'incombait le devoir de lui inculquer les merveilles de son metier. Le maitre etait convaincu que tot ou tard, le genie de Redouane allait soulever l'admiration des foules. Dieu sait combien il avait raison. En effet, Redouane avait un don d'assimilation extraordinaire : a l'age de six ans, il maitrisait le chant, et a dix ans il avait deja enregistre des disques.
Ayant quitte les bancs de l'ecole precocement, et n'ayant que peu de temps a consacrer aux enfants de son age, Redouane se consacra entierement a son art par lequel il etait fascine br>


A douze ans, il est capable de jouer tous les instruments et devient un membre a part entiere au sein de l'orchestre de son pere. Comme disait A.Koceil, dans un article dans Le Quotidien d'Oran du 14/01/98 'Il fallait voir comment le maitre tirait grande fierte lorsqu'il laissait son fils librement s'exprimer dans un prelude instrumental'. Redouane ravissait son auditoire a chacune de ses sorties.
En 1932, Redouane participa aux cote de son pere au Congres de la Musique arabe ou ils recurent un accueil triomphal de la part de l'audience presente.

Apres un temps de gaiete et de succes artistiques, Redouane commenca a s'accommoder de moins en moins a la rigidite et la severite qu'il estimait tyrannique, de son pere. Alors il commenca d'abord sans brusquerie, a rejeter une tutelle jugee de plus en plus astreignante.



Marie tres jeune et tres tot pere de famille, ne disposant d'autre ressource que ce que lui rapportait son metier d'artiste, Redouane habitait dans une maison bien modeste. Il supportait difficilement ces conditions sociales embarrassantes . Puis les rapports entre le pere et le fils finirent par se compliquer davantage, annoncant leur separation ineluctable.
En 1958, Redouane prit une grave decision. Il abandonna tout, s'en alla discretement au Maroc les mains vides. Les langues fourchues commencerent a se delier. C'est a qui annoncait la vraie raison de son exil. Chacun allait de son scoop. Mais la ou les vraies raisons ne sont connues que par lui seul. Et il s'en est alle avec son secret.
Au cours de son exil au Maroc, Redouane n'a pas eu une vie facile, bien au contraire. Cependant, avenant et poli, il etait toujours pret a rendre service lorsqu'il etait sollicite par les musiciens lui rendant visite, tout en joignant l'acte a la parole et prenant son luth pour expliquer comment cette Touchia, ce M'cedder, ou autre, doivent etre joues. Ceux qui l'ont approche en sont revenus eblouis. Lorsque Redouane interpretait une partie d'une composition musicale, il laissait voir l'intensite de ses sentiments, et, en
meme temps, la succession de ses mouvements fluides, legers, presque ondoyants, on sentait la douceur des melodies suavement executees.
Le Vendredi 25 juillet 2002, la triste nouvelle tomba. Le grand Cheikh Redouane n'etait plus de ce monde. Un monde qu'il a certainement juge ingrat et cruel, quoiqu'il ne l'avait jamais avoue tellement son sens de la dignite etait profond. Aujourd'hui, il repose dans sa tombe a Casablanca dans un pays ou il s'etait exile pour passer la moitie de ses 88 annees d'existence.



Petit Redouane deviendra grand


Cheikh Abdelkrim Dali

Abdelkrim Dali est ne a Tlemcen en 1914 dans l'un des plus vieux quartiers de Tlemcen. A cette epoque, le seul enseignement concernant les enfants algeriens etant l'ecole Coranique, le petit Abdelkrim frequenta Djamaa Ech-Chorfa, mosquee situee a la rue Khaldoun. Deux annees plus tard, son oncle tenta de l'inscrire a l'ecole indigene 'Decieux'. Ce fut en vain, les autorites coloniales ayant decide autrement.
Le pere de Abdelkrim etait un patissier et souvent en contact direct avec les grands cheikhs de l'epoque tels Abdesslam Bensari, Cheikh Lazaar et d'autres auxquels le jeune Abdelkrim vouait une grande admiration. Son talent fut remarque par Abdesslam Bensari et c'est avec ce dernier qu'il fit, en public son entree dans le monde de la musique en tant que drabki. Il n'avait alors que 11 ans. Trois annees plus tard, Cheikh Omar Bekhchi fut son second maitre. Attire par ce jeune talent qui s'imposait deja , le cheikh a du prier son pere pour qu'il le lui confie. En effet, son pere, voulant lui faire apprendre un metier, l'engagea chez un coiffeur, Si Soulimane qui etait, par la force du destin, frequente par les plus grands cheikhs de Tlemcen, en particulier Cheikh Lazaar Dali-Yahia et Cheikh Omar Bekhchi qui impressionnaient fortement le jeune Abdelkrim . C'est ainsi que le contact avec son nouveau maitre fut etabli. Cette meme annee, avec son nouveau maitre, le jeune musicien a accompagne au tar la grande Maalma Yamna. A la demande de cette derniere qui animait une soiree, Abdelkrim Dali a eu l'honneur d'improviser un istikhbar. Cette grande dame de la musique fut eblouie de son savoir-faire et lui donna beaucoup de conseils car elle voyait deja en lui un futur cheikh.
Vint la mort de son pere. Jeune orphelin charge de famille, il trouva en son maitre cheikh Omar un deuxieme pere. Les soirees furent nombreuses et sans relache, en ete dans les mariages, en hiver dans les cafes.
Ses premiers enregistrements furent effectues entre 1929 et 1930 avec l'orchestre de Omar Bekhchi. Alors que sa premiere grande sortie, il la realisa avec la societe 'Andaloussia' en 1931, a Paris ou etait organisee une manifestation de musique andalouse, en tant que flutiste et chanteur. Maitrisant la derbouka, le tar et la flute, Abdelkrim voulut apprendre a jouer d'autres instruments tels le violon, la mandole et le luth. A partir de la, ce fut le grand depart.
Abdelkrim etait souvent sollicite par Cheikh Lazaar et Tetma qui lui fit connaitre Meriem Fekkai et Fadhela Dziria ainsi que Mohamed El Kourd qui fit, pendant un moment partie de l'orchestre de Omar Bekhchi. Il eut egalement des contacts avec Mohamed Bensmaine avec qui il fit des echanges culturels tres fructueux pour l'un comme pour l'autre.
En 1936, Radio Alger fit appel a lui pour un concert de chant. Avec Mahieddine Bachtarzi et Rachid Ksentini, il fit une serie de tournees a travers le territoire national. Radio Alger le sollicita si souvent qu'il dut, a contrecoeur, quitter Tlemcen sa ville natale. De 1947 jusqu'en 1956, il fit partie de l'orchestre de l'opera d'Alger (actuel TNA) dirige par Mahieddine Bachtarzi. Par la suite, en 1951, il enseigne l'Andalou a l'ecole communale de musique de Hussein Dey, et l'annee suivante c'est sa section qui est choisie pour representer l'Algerie a un concours international a St. Girons (France). Il fut prime et recut de chaleureuses felicitations du jury.
En 1957, cheikh Mohammed Fekhardji etant decede,un concours fut organise pour designer celui qui allait le remplacer au conservatoire. Parmi tous les candidats et devant un jury compose d'eminents musicologues francais, c'est Abdelkrim Dali qui fut elu.
A l'independance, en 1962, il organisa des concerts, et lors du festival de musique andalouse tenu a Tunis en aout 1964, il presenta le R'bab, symbole de l'ecole musicale Tlemcenienne.
Apprecions ces quelques conseils pleins de sagesse de sa part :

''Aujourd'hui notre art a triomphe sur notre terre natale, les jeunes aujourd'hui auront a present la tache plus aisee que ceux de ma generation. Notre musique est actuellement enseignee dans les conservatoires, les instituts, les ecoles etc... A ceux qui veulent apprendre la musique andalouse, je recommande d'acquerir un certain niveau de culture pour mieux apprehender les chants de la poesie arabe et le solfege, ainsi que les notions de base sur la musique, telles que rythmes et cadences, qui sont executes par la derbouka et le tar''.

Abdelkrim Dali est rappele a Dieu en 1978, creant un grand vide dans la culture musicale andalouse mais laissant egalement un enorme repertoire aux jeunes generations.